SEMAINE 12


LA HAUSSE DES TAUX LONGS SE POURSUIT

La poursuite de la hausse des taux longs aux Etats-Unis aura été l’élément déterminant de la semaine, les taux à 10 ans atteignant la zone des 1.75. La Réserve Fédérale s’est exprimée mercredi 17 mars en indiquant que la croissance et l'inflation contribuaient à la hausse des rendements nominaux. La Fed a ainsi communiqué des prévisions de croissance et de chômage en constante amélioration. Les taux à long terme continuent d'augmenter pour de bonnes raisons. L’impact sur les marchés actions a de nouveau touché les valeurs sensibles aux taux d’intérêt au regard de leurs valorisations, comme la technologie et les banques. La pression est restée constante sur les actifs des pays émergents. En revanche, l’effet sur les taux européens a été limité.


ACTIONS EUROPÉENNES

Sur le plan sanitaire, c’est le retour au confinement sur une large partie du territoire français en raison de la dégradation de la situation en Ile-de-France et dans les Hauts-de France. 16 départements sont à présent concernés, soit environ 30% de la population française et 40% du PIB national. Si ces mesures décalent les perspectives de reprise cyclique, la zone euro montre de véritables signes d’amélioration. Les échanges intra-zone ont ainsi dépassé leur niveau de pré-pandémie, atteignant €168.3Mds (+4,9%). Les secteurs cycliques, bénéficiant de la tendance haussière des taux, continuent d’être privilégiés à l’instar de l’automobile ou du secteur bancaire. En revanche, le secteur pétrolier sous-performe, dans le sillage de la baisse du baril, sur fond de remontée des stocks de brut et d’essence aux Etats-Unis ainsi que de reprise des exportations iraniennes. Sur le plan microéconomique, le secteur automobile s’est distingué lors de la semaine. Les prévisions optimistes de Volkswagen quant à l’évolution de ses marges dans les années à venir ont notamment porté le secteur. Dès cette année, le constructeur mise sur une amélioration significative de sa marge d’exploitation, grâce aux efforts sur les coûts fixes d’une part, et au développement du segment électrique d’autre part. BMW s’inscrit dans ce sillage en mettant en avant les mêmes leviers de croissance. En France, Renault a fait part d’un objectif de multiplication de ses ventes de voitures électriques et hybrides par deux en 2021 pour atteindre 30% de son mix la même année. Ces éléments ont largement éclipsé les chiffres de ventes de voitures neuves communiqués par l’Association des Constructeurs Européens d’Automobiles avec une baisse de 20% en février. Le PDG d’Accor se montre optimiste quant à l’ampleur du rebond de l’hôtellerie mais peu sur son timing, appelant à un prolongement des aides pour le secteur dans les trimestres à venir.


ACTIONS AMÉRICAINES

La semaine a été mitigée pour les indices américains : le Dow Jones a gagné +1.16% sur les cinq dernières séances, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont perdu respectivement -0.61% et -2.11%. Le président Joe Biden a donné l’objectif du 4 juillet aux Etats-Unis pour que le pays retrouve une certaine normalité, en comptant sur une offre croissante de vaccins contre le Covid-19 pour susciter l'espoir américain. Le secrétaire aux Transports, Pete Buttigieg, a déclaré qu'il envisagerait de chercher à financer des projets routiers avec des frais basés sur les miles parcourus plutôt que sur les achats d'essence. Cela inclurait également les véhicules électriques. La première rencontre entre l’administration Biden et le Ministre des Affaires Étrangères chinois a été particulièrement tendue. Les deux pays ont multiplié les attaques l’un envers l’autre sur les questions des cyberattaques, des droits de l’Homme et des sanctions commerciales. A Washington, Joe Biden devrait présenter jeudi 25 mars les contours de son plan de rénovation des infrastructures et de développement des énergies nouvelles. A l’issue de sa réunion, la Fed a indiqué s’attendre à une nette accélération de la croissance et de l’inflation cette année aux Etats-Unis. Elle a également répété qu’elle maintiendrait des taux d’intérêt proches de zéro pendant encore plusieurs années. Pour cette année, la Fed prévoit une croissance du PIB américain de 6.5%, ce qui serait la meilleure performance enregistrée depuis 1984.


ACTIONS JAPONAISES

Les investisseurs ont porté leur attention sur la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed ainsi que sur l’examen de la politique de la Banque du Japon (BoJ). Lors de la semaine, les indices Nikkei 225 et TOPIX ont progressé de 1.68% et 2.94% respectivement. Les marchés ont continué de miser sur un scénario de reprise économique et sur l’accélération de la campagne de vaccination. Le Nikkei 225 a de nouveau franchi la barre des 30 000 yens, en anticipant la décision de la BoJ sur l’augmentation de son programme de rachats annuels d’ETF à 6 000 milliards de yens, tout en élargissant son échelle de fluctuation des taux d’intérêt à long terme (+/- 0.25%). Le transport maritime (+9.30%), le transport aérien (+7.54%) et l’industrie automobile (+4.37%) ont poursuivi leur progression sur fond de reprise économique mondiale. Les valeurs bancaires ont également enregistré une solide performance (+6,50%) à la faveur de la nouvelle hausse des rendements obligataires américains.


MARCHÉS ÉMERGENTS

L’indice MSCI Emerging Markets a terminé la semaine globalement inchangé (-0.02%, cours de jeudi à la clôture). Le Brésil a surperformé les autres régions et s’est inscrit en hausse de 1.27% en USD. La Chine a légèrement progressé (0.6%) tandis que le MSCI India s’est replié de 3.04%. La première rencontre de hauts dirigeants américains et chinois en Alaska depuis l’arrivée de Joe Biden au pouvoir a été houleuse. Elle a également pesé sur la confiance du marché. La Chine continue de se redresser puisque ses ventes au détail ont augmenté de 33.8% sur un an lors des deux premiers mois de 2021, un chiffre supérieur aux prévisions (32%), à la faveur d’un effet de base favorable. La production industrielle a augmenté de 35.1%, dépassant les prévisions de 32.2%, tandis que les investissements en immobilisations se sont inscrits en deçà des attentes de +40.9%. 

En Inde, l’indice des prix à la consommation s’est inscrit en hausse de 5% sur un an en février, contre 4.1% en janvier. C’est un niveau conforme aux attentes et qui reste dans l’échelle de tolérance de la Banque centrale indienne. L’indicateur de la production industrielle (IIP) s’est replié de 1.6% en glissement annuel en janvier alors que les anticipations étaient de 1%. Le gouvernement a soumis un projet de loi pour interdire les crypto-monnaies en Inde. Le rythme de contamination au Covid-19 s’accélère légèrement mais reste concentré dans deux États (le Maharashtra et le Kerala).