SEMAINE 26


REPRISE DE L’ACTIVITÉ EN EUROPE 


ACTIONS EUROPÉENNES

Les marchés actions ont connu une semaine volatile, tiraillés entre des données macroéconomiques globalement positives, et les inquiétudes récurrentes sur l’évolution de l’épidémie. Sans surprise, la visioconférence entre les chefs d’Etat européens sur le budget pluriannuel 2021-2027 et le plan de relance de 750 Mds€ n’avait pas abouti à un accord. Il s’agissait pour chacun des dirigeants d'exposer leurs positions. Les différends sur le fond des sujets entre les pays du Nord et les pays du Sud, arbitrés par la France et l’Allemagne, achoppent toujours sur les points principaux : le montant, l’équilibre entre dons et prêts, la clé de répartition et les conditions d’attribution dans le cadre du plan de relance ainsi que les montants globaux, les ressources propres et le maintien des rabais pour certains pays suite à la sortie du Royaume-Uni concernant le budget. Les négociations se poursuivront lors d’un sommet en « physique » mi-juillet. En France, le composite repasse même en territoire d’expansion au-dessus du seuil de 50 (avec 51,3 pour le composite vs 46,3 attendu et 32,1 en mai). C'est le déconfinement à partir du 2 juin (réouverture des restaurants, levée des interdictions de déplacement) qui explique l'importance de l’écart constaté d’activité par rapport au mois de mai. En comparaison annuelle, il reste encore inférieur à celui de 2019 (-12% en juin selon l’Insee). Les indicateurs de mobilité s’améliorent aussi très rapidement, comme le montrent les données haute fréquence. Ainsi, les réservations de restaurant  sont d’ores et déjà revenues à leur niveau pré-crise en Allemagne. Les déplacements en voiture apparaissent au-delà des niveaux pré-crise en Europe, notamment pour compenser le moindre recours aux transports en commun. Cette dynamique de mobilité, qui a été un fort soutien aux marchés, devrait cependant s’essouffler dans les prochaines semaines. L’appétit pour le risque sur les marchés financiers a donc été malmené au cours des derniers jours, nourri principalement par le stress d'une seconde vague de l'épidémie à l’automne. Les banques centrales restent à la manœuvre.

Sur le front de l’activité, les données économiques sont supérieures aux attentes dans la plupart des régions, avec le dernier PMI de retour dans une zone proche de l’expansion en Europe. La France se démarque avec des PMI manufacturiers particulièrement bien orientés. Après l’apaisement sur les tensions sino-américaines, le retour des tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Europe a remis de la pression sur les indices. Washington envisagerait de mettre en place de nouveaux droits de douane sur 3.1 milliards de dollars de produits en provenance de France, d’Allemagne, d’Espagne et du Royaume-Uni. SEB a indiqué que l’impact de la pandémie sur ses comptes sera moins sévère qu’anticipé, et estime que la perte de CA pour le deuxième trimestre devrait être d'environ 200 millions d'euros et non de 450 millions à 500 millions d'euros comme annoncé initialement. Le résultat opérationnel est désormais attendu en territoire positif, considérant également les initiatives d’économies de coûts. Au sein du secteur aéronautique particulièrement affecté, un accord serait imminent entre la France et les Pays-Bas sur la contribution néerlandaise au plan de soutien du groupe Air France-KLM qui devrait débloquer 4Md€. Les actionnaires de Lufthansa ont donné leur accord au plan de sauvetage de 9Md€. Enfin, Easyjet a publié une perte semestrielle plus lourde qu'attendu et procède à une augmentation de capital par émission de nouveaux titres. Wirecard a de nouveau fait l’actualité et a vu sa cotation suspendue après avoir annoncé l’ouverture d’une procédure d’insolvabilité. Du côté des transformations d’entreprises, on observe une forte demande du Private Equity. De nombreux acteurs envisageraient ainsi de faire une offre sur la division Thés d’Unilever. Volkswagen est en discussion avec Europcar Mobility, en vue d’acquérir la société française de location de véhicules. La possibilité d’une offre américaine sur Ericsson ou Nokia refait surface sur fond de réduction de la dépendance des Etats-Unis aux matériels chinois.


ACTIONS AMÉRICAINES

Les indices américains ont accusé un léger retrait malgré de nouveaux plus hauts touchés par le Nasdaq au cours de la séance de mardi. L’annonce de nouvelles mesures à New York pour placer en quarantaine les voyageurs en provenance d’autres Etats fait craindre un faux départ dans la reprise américaine. Les demandes hebdomadaires d'allocation chômage ont été légèrement décevantes avec 1.48 million de nouvelles demandes. La partie « demandes continues » de l'enquête montre une stagnation, avec un chiffre de 19.522 millions. Donald Trump a fait son retour devant ses électeurs. Il a surtout cherché des boucs émissaires qui restent pour l’instant les Démocrates et la Chine. La Chine a confirmé la hausse de ses achats agricoles et sa volonté de respecter leur accord. Donald Trump est à ce stade, affaibli dans les sondages (sa cote de popularité passe sous les 40%, une première depuis 2017), ce qui le rend d’autant plus « imprévisible » sur la scène internationale et à la recherche de nouveaux succès. Sont ainsi apparues de nouvelles menaces de taxes sur l'acier canadien et sur les produits industriels européens. Les secteurs de l'automobile et de la chimie avaient de ce fait baissé sensiblement. Une nouvelle fois, les segments cycliques qui pourraient profiter le plus de la reprise de l'économie étaient les plus survendus. Malgré une nette amélioration des données macro-économiques, les chiffres de la maladie semblent pour l’heure prendre plus d’importance que les données économiques. Au niveau des entreprises et à l’approche de la fin du deuxième trimestre, peu de nouvelles ont filtré de la part des dirigeants. La banque centrale américaine a annoncé que les principales banques pourraient maintenir leurs dividendes sans toutefois pouvoir les augmenter ou procéder à des rachats d’actions au cours du troisième trimestre. Cette nouvelle peut rassurer sur la solidité du système bancaire mais montre que la Fed est vigilante et pourrait durcir ses contraintes si la situation économique venait à se dégrader à nouveau.


ACTIONS JAPONAISES

Le marché boursier japonais a accusé une baisse, les indices TOPIX et Nikkei 225 reculant de 1,32% et 0,97% respectivement. Les mesures de restriction sur les déplacements de la population et les entreprises ont été entièrement levées à Tokyo à compter du 19 juin, entraînant une reprise des activités. Par exemple, les ventes de meubles et de biens pour la maison sont en plein essor, étant donné que la population dépense pour rendre les foyers plus confortables. Dans l’ensemble, les valeurs de croissance se sont mieux comportées que les actions value.


MARCHÉS ÉMERGENTS

L’indice MSCI Emerging Markets a progressé de 0,3% au cours de la semaine (cours de jeudi à la clôture), étant donné que l’Inde, la Chine et la Russie ont surperformé les autres régions. L’actualité a été marquée par une nouvelle offensive technologique de la part de Washington contre Pékin, le Pentagone ayant compilé une liste de 20 entreprises liées à la défense chinoise. 

Au Brésil, le Sénat a entériné un projet de loi attendu depuis longtemps, qui ouvre la voie à la privatisation massive des services de traitement des eaux. Cette décision, qui revient aux gouverneurs, constitue un pas important vers 1) la privatisation d’entreprises publiques et 2) l’afflux d’investissement dans le secteur de l’eau. Selon le Sénat, 48% des Brésiliens ne bénéficient pas de la collecte des eaux usées et 35 millions de personnes n’ont pas accès aux eaux traitées. C’est un jalon crucial, qui démontre l’engagement et la capacité du gouvernement brésilien à porter des réformes. 

En Russie, la Banque centrale a décidé d’abaisser son taux directeur de -100 pb, à 4,5%. Bien que cette baisse ait été la plus forte depuis 2015 et que le taux directeur se soit inscrit à un plus bas historique, la décision n’a pas surpris les marchés. Sur le plan budgétaire, le président Vladimir Poutine a proposé d’augmenter l’impôt sur le revenu à 15% (+2%) pour les tranches les plus aisées, de réduire l’impôt des entreprises informatiques de 20% à 3% et de baisser le taux des cotisations sociales de 14% à 7,6%. L’idée est de rendre le régime fiscal russe plus attractif que celui proposé par l’Irlande.