Actions européennes
L’appétit pour le risque est revenu, conduisant les marchés actions à des niveaux proches de leurs plus hauts annuels. Pourtant, la publication d’un indice ISM manufacturier américain en-dessous des 50 avait jeté un froid. Mais l’annonce d’un retour de la Chine et des US à la table des négociations, l’éloignement de la perspective d’un Brexit désordonné et enfin des indicateurs solides sur l’emploi aux US ont fait passer les potentielles inquiétudes au second plan. Les attentes d’annonces de mesures de soutien à la croissance de la part de la BCE le 12 septembre 2019 ont également constitué un facteur favorable pour les marchés européens. La livre sterling face au dollar américain a atteint son plus haut niveau sur les cinq dernières semaines. La dispersion sectorielle a été particulièrement marquée jeudi 5 septembre, rompant avec la tendance observée sur les derniers mois. Le secteur des semi-conducteurs ressort en hausse de 5%, alors que les valeurs automobiles et bancaires ont également mené la hausse.
Les données sur le plan microéconomique ont également participé à soutenir la tendance. Ainsi, dans le secteur aéronautique, Safran a dévoilé des résultats solides marqués par un relèvement de ses objectifs alors que Dassault Aviation a fait de même après une très forte progression du carnet de commandes sur la partie jets d’affaires. Iliad corrige en revanche, sanctionné par des résultats contrastés sur les recrutements clients en France, mais surtout des coûts qui ont pesé sur les comptes en Italie.
En ce qui concerne les transformations d’entreprises, des rumeurs autour de la consolidation du secteur des ascensoristes ont animé le marché : alors que Kone serait en recherche de partenaires industriels pour reprendre l’entité ascenseurs de ThyssenKrupp, Otis serait intéressé par Schindler. 

Actions américaines
Le S&P 500 et le Nasdaq enregistrent une de leurs meilleures hausses hebdomadaires de l’année (avec des performances de respectivement +2,2% et +1,7% à la clôture du Jeudi 5 septembre), sur une amélioration du sentiment de marché avec la conjonction de plusieurs facteurs macro-économique et politiques :  
Premièrement, les chiffres macro-économiques sortis cette semaine continuent d’indiquer des niveaux d’activité économique soutenue (l’ISM Non-Manufacturier à 56,4 est à son plus haut niveau sur 3 mois) et les indicateurs du marché de l’emploi d’ADP pointent une très bonne tenue du marché du travail (+190 000 de création d’emplois en aout contre 150 000 attendus).
Deuxièmement, la Chine et les USA semblent s’orienter vers un nouveau tour de table de négociation en octobre 2019.
Troisièmement, un pas de plus a été franchi vers une résolution de la situation à Hong Kong où l’ « Extradition Bill » à l’origine des protestations est sur le point d’être retiré.
Les taux américains à 10 ans ont rebondi de +15 points de base à 1,60% (depuis un plus bas sur 5 ans à 1,45% atteint la semaine dernière). Bien que la performance des indices reste globalement positive cette semaine, la dispersion au niveau sectoriel et factoriel reste encore une fois très élevée. Les secteurs cycliques surperforment à la hausse (technologie +2,6% industrielles +1,9%, énergie +2,1%, financières +1,9%) tandis que les secteurs défensifs ont fait l’objet de prises de profit et ont de ce fait moins participé à la hausse (consommation de base +0,5% services aux collectivités +0,6%). 

Actions japonaises
L’indice japonais Nikkei 225 s’est inscrit en hausse pour de nouveau franchir la barre des 21 000 points à la faveur du recul des inquiétudes concernant la confusion politique qui règne à Hong Kong et le conflit commercial sino-américain. Le TOPIX a clôturé la semaine sur un gain de 1,42%. Les secteurs sensibles à la conjoncture économique comme le transport maritime, les métaux non ferreux et les instruments de précision ont progressé. Par ailleurs, la dynamique de croissance des bénéfices est restée favorable dans les secteurs des logiciels et des services informatiques, à la faveur d’une solide demande des entreprises souhaitant améliorer leur productivité. Sur le plan intérieur, les Japonais se préparent à la hausse de la TVA qui doit passer de 8% à 10% en octobre. Bien que des incertitudes subsistent quant à l’impact négatif potentiel qu’elle pourrait avoir, le gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe se tient prêt à mettre en œuvre plusieurs mesures visant à freiner un éventuel ralentissement économique et à soutenir l’activité, notamment une baisse de la TVA sur les produits alimentaires et les journaux, des points de retrait d’espèces pour les consommateurs ayant recours à des méthodes de paiement sans numéraire et des investissements dans les infrastructures publiques. 

Marchés émergents
Les marchés émergents (indice MSCI Emerging Markets) ont progressé de 1,9% cette semaine (cours de jeudi à la clôture), tandis que les marchés actions mondiaux ont rebondi par rapport à leurs plus bas d’août, Washington et Pékin ayant annoncé la reprise des négociations commerciales (leurs représentants se réuniront en octobre), ce qui a contribué à l’amélioration du sentiment des investisseurs à l’égard de la région.
En Chine, l’économie a continué de montrer quelques signes de ralentissement, l’indice PMI chinois ayant reculé à 49,5 en août contre 49,7 en juillet. Le week-end dernier, le Conseil d’État chinois a annoncé la mise en œuvre prochaine de nouvelles mesures visant à soutenir la consommation nationale et l’économie en général, notamment des investissements dans des projets d’infrastructure et de développement régional, tout en conservant une politique monétaire prudente avec une liquidité « relativement » abondante. À Hong Kong, les autorités ont officiellement abandonné leur projet de loi d’extradition. 
En Inde, la croissance du PIB s’est inscrite en hausse de 5,0% en glissement annuel au deuxième trimestre (contre des estimations à +5,7%), marquant ainsi sa plus faible progression sur les six dernières années, après s’être établie à +5,8% au premier trimestre. Les ventes automobiles ont reculé pour le neuvième mois consécutif et incité le gouvernement à envisager de mettre en œuvre des mesures pour soutenir le secteur. Le gouvernement a également annoncé la fusion de ses banques publiques afin de constituer des entités certes moins nombreuses, mais plus solides en matière de prêts, le Premier ministre Narendra Modi visant à stimuler le crédit et à relancer la croissance économique qui est au plus bas depuis cinq ans. Quatre nouvelles banques prêteuses verront le jour suite à cette opération, représentant près de 56% des actifs du secteur bancaire indien. Le gouvernement prévoit aussi d’injecter 552,5 milliards de roupies de capital dans ces entités.
En Argentine, afin de contenir la crise financière qui s’aggrave, le président Mauricio Macri a décidé de prendre un virage politique direct en imposant des mesures de contrôle des capitaux. Dimanche dernier, à l’occasion d’une rare intervention, la banque centrale a notamment exigé des entreprises exportatrices qu’elles changent en pesos les produits de la vente de leurs marchandises libellées en devise étrangère dans un délai de cinq jours. Les entreprises devront obtenir l’autorisation de la banque centrale pour acheter des dollars sur le marché des changes, à l’exception des cas de commerce international. Les particuliers ne pourront quant à eux acheter plus de 10 000 dollars américains par mois.