MARCHÉS FINANCIERS

Après une année 2018 et une première semaine en 2019 difficiles, les marchés ont pris la mesure des niveaux de valorisation particulièrement déprimés dans toutes les zones géographiques. Les premières discussions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, la teneur plus accommodante des propos de la Réserve Fédérale américaine et les mesures de soutien au crédit en Chine ont permis une inversion de tendance. Les flux de capitaux se sont ainsi réorientés vers les actions, avec par ordre d’importance : les Etats-Unis, les marchés émergents et l’Europe. Les perspectives incertaines concernant le Brexit pèsent encore néanmoins sur le sentiment des investisseurs.

 

ACTIONS EUROPEENNES

Malgré une production industrielle allemande décevante, les marchés européens sont en hausse, soutenus par l’espoir d’avancées significatives dans les négociations commerciales, et aidés par les propos du président de la Fed qui promet patience et réactivité. Ce regain d'optimisme a logiquement bénéficié au début de la semaine aux valeurs les plus sensibles au cycle économique (automobile, industrielles, technologie, services pétroliers). A l'approche de la saison des résultats du quatrième trimestre, le rebond reste néanmoins fragile alors que le bilan des discussions commerciales paraît finalement modeste, et que l'économie chinoise suscite des doutes croissants. Les valeurs défensives sont ainsi de nouveau privilégiées par les investisseurs en fin de semaine. Les équipementiers automobiles, à la pointe du rebond des derniers jours, repartent à la baisse, suite à des commentaires négatifs sur l’activité automobile en particulier en Chine. Dans le secteur de la distribution, le numéro un britannique Tesco a publié des ventes de Noël plus fortes qu’attendu au Royaume-Uni. En France, Fnac Darty estime à environ 45 millions d’euros de chiffre d’affaires l’impact des « gilets jaunes » au dernier trimestre. Sodexo a publié des ventes au titre du premier trimestre au-dessus du consensus, bénéficiant du rebond du secteur de l’éducation aux Etats-Unis et d’une meilleure performance du secteur de la santé. Le groupe de restauration collective a maintenu ses prévisions pour 2019. Au sein du secteur financier en Italie, FinecoBank s’est distingué malgré les conditions de marché. Côté transformation d’entreprises, Korian a annoncé l’acquisition de trois sociétés réalisant au total 70 millions d’euros de chiffre d’affaires, en Espagne, en France et en Allemagne. Ingenico a finalisé l'acquisition de Paymark, premier réseau néo-zélandais de paiement électronique. Alstom et Siemens discutent quant à eux de cessions supplémentaires avec la Commission européenne afin d'obtenir son feu vert d’ici le 18 février. 

 

ACTIONS AMERICAINES

Le rebond de début d’année s’est poursuivi cette semaine. Le S&P s’affiche en hausse de +2,6% et le Nasdaq de 3,7%. Les négociations se poursuivent entre la Chine et les Etats-Unis afin de parvenir à un accord commercial, tandis que le bras de fer continue à Washington entre le président américain et le Congrès sur la question de la frontière mexicaine. Les administrations américaines restent donc partiellement fermées. Le président de la Réserve Fédérale a réaffirmé la flexibilité et la patience des membres de la Fed, confirmant les minutes du FOMC de décembre qui indiquaient qu’un nombre croissant de participants privilégiaient une approche patiente de la politique monétaire. Les premières publications des distributeurs américains ont été jugées décevantes, à l’instar des grands magasins Macy’s qui reculent de 18% après des ventes comparables au 4ème trimestre de +1%, et ont pénalisé l’ensemble du groupe. Les constructeurs immobiliers (Lennar, KB Homes) ont dévoilé des résultats mitigés pour le 4ème trimestre, mais les investisseurs ont salué des prises de commande en hausse. Le secteur des services publics reste à la traîne, pénalisé par la baisse de 25% de PG&E, principal fournisseur d’électricité en Californie, dégradé par les agences de notation et en risque de faillite suite à son implication dans les incendies de l’année dernière.

 

ACTIONS JAPONAISES 

L’année 2019 a relativement bien commencé pour le marché actions japonais à la faveur de l’amélioration de la confiance des investisseurs. En effet, celle-ci a été soutenue par les données solides de l’emploi aux États-Unis, mais également par les propos du président de la Fed, Jerome Powell, qui a suggéré une plus grande souplesse dans la révision de la politique actuelle de hausse des taux. L’indice TOPIX a rebondi de 3,46% durant la semaine, la devise nippone s’échangeant désormais à 108 yens pour un dollar.

 

MARCHES EMERGENTS

La performance des marchés émergents s'est améliorée suite aux propos conciliants de la Fed. Bien que les États-Unis et la Chine soient parvenus à poser les bases d’un accord commercial après trois jours de négociations à Pékin, les déclarations des deux pays semblent relativement timides : des progrès ont été faits, mais un certain nombre de problèmes importants restent encore à résoudre. Le marché des changes a bien réagi, puisque le yuan s’est apprécié de plus de 1,8% durant la semaine. D’autre part, la Chine a annoncé la mise en place de mesures de relance ciblées visant à alléger le fardeau fiscal des micro- et petites entreprises de 200 milliards de yuans (29 milliards de dollars) par an au cours des trois prochaines années. La banque centrale chinoise fournira également des liquidités supplémentaires aux banques afin qu'elles prêtent aux petites entreprises et à celles du secteur privé. D’autres mesures de soutien pour venir en aide à l’industrie automobile et relancer la consommation des appareils ménagers sont aussi à l’étude. Les constructeurs automobiles ont continué d’afficher une baisse de leur chiffre d’affaires en décembre. À Taïwan, les chiffres des exportations se sont de nouveau contractés en décembre, à -3% en glissement annuel contre -3,4% en novembre, en raison de la baisse des exportations de composants électroniques vers la Chine, Hong Kong et d’autres pays de l’ASEAN. Apple a demandé à ses fournisseurs (pour la deuxième fois en deux mois) de réduire de 10%, entre janvier et mars, leur production des modèles XS Max, XS et XR d’iPhone par rapport à ce qui était prévu. Dans le même temps, le Coréen Samsung a fait part d’un résultat opérationnel prévisionnel décevant pour le dernier trimestre, qui devrait être inférieur de 25% aux estimations des analystes, en raison du ralentissement de la demande pour les mémoires DRAM et de la faiblesse du marché des smartphones. Au Brésil, la production industrielle a reculé de 0,9% en novembre, un chiffre inférieur aux prévisions des analystes. En ce qui concerne le secteur du transport, un journal local a affirmé que le nouveau gouvernement étudiait la possibilité de changer le modèle actuel des concessions d’autoroutes fédérales, afin d’abandonner la politique de faibles tarifs aux péages pour adopter le modèle des concessions de Sao Paulo, qui favorise l'offre la plus élevée lors de l'appel d'offres.

 

MATIERES PREMIERES

Le retour à la normale sur le marché du pétrole se poursuit. La hausse des prix au cours de la semaine, à près de +9% pour le Brent et +10% pour le WTI, est d’ailleurs la plus forte progression hebdomadaire depuis février 2016. Les négociations sino-américaines semblent avoir été constructives, mais nécessitent de nouvelles discussions. Les propos du ministre du pétrole saoudien ont tout particulièrement rassuré quant à la volonté du pays de rééquilibrer rapidement le marché pétrolier. Parmi les productions plus volatiles, la Libye est repassée sous les 1Mb/j de production en raison de nouveaux troubles dans le pays, alors que le Nigéria pourrait voir sa production affectée à l’approche d’élections générales, le 16 février.

Le cours de l’or reste dans la fourchette 1280-1300$/oz depuis le début de l’année. Les minutes de la Fed font apparaître un ton relativement prudent de ses membres concernant de nouvelles hausses de taux. Au cours de la semaine, l’élément marquant est le retour de la banque centrale chinoise, avec l’annonce de ses premiers achats d’or depuis octobre 2016. Les réserves d’or du pays représentent 2,5% de ses réserves de change, à comparer aux 18% de la Russie. Cette action vient à un moment où le pays est particulièrement sous pression, entre la guerre commerciale et le ralentissement de sa croissance. Les banques centrales ont d’ailleurs été tout particulièrement actives en 2018. Le 3ème trimestre, avec 148 tonnes d’achats, a ainsi été le plus élevé depuis le quatrième trimestre 2015.